
Titre: tête en l'air
Dans la mise à exécution d’une œuvre, lors d’une représentation, il nous est souvent proposé un programme : l’organisation, la succession des évènements au cours du spectacle, comme s’il fallait attester de la réalité de ce que nous allons voir d’une part, et que nous puissions contrôler la totale correspondance entre ce qui est annoncé et ce qui se déroule sous nos yeux d’autre part. Pas de dérogation, pas de surprise, de pas en dehors du chemin tracé. Ce corset posé autour d’une manifestation artistique a quelque chose d’angoissant en dépit du fait que par son côté fixe et définitif, il rassure. Depuis plusieurs mois j’avance dans ce que j’ai justement préféré présenter comme un projet plutôt qu’un programme, celui d’explorer la couleur rouge, ses capacités d’expression de mes sentiments et de mes idées, ses limites aussi. Je n’ai pas déterminé de chapitres, d’actes, de mouvements, seulement une direction, ce qui me permet de conserver une capacité d’improvisation dans le cadre contraint que je me suis imposé. Entre deux structures abstraites, il m’est ainsi venue l’envie (j’emploie souvent ce terme, parce qu’après tout il est à la base du plaisir de peindre) de représenter une descente de croix.
C’est une des scènes les plus bouleversantes de la peinture religieuse, le moment le plus intime, la prise de conscience la plus forte du drame qui vient de se jouer, la révélation de l’humain dans la mort, à travers ce corps de souffrance qui s’abandonne enfin après avoir tant lutté.(huile sur toile, 146 x 97)
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